« Le tonneau des Danaïdes » : origine et significations

Le « tonneau des Danaïdes » fait référence à un mythe grec décrit notamment par Eschyle. Il est utilisé dans le langage courant ou soutenu dans deux acceptions bien précises.

Ses significations :

  • une tâche sans fin / un travail à recommencer sans cesse 
  • un compte en banque constamment vidé de son contenu par quelqu’un de très dépensier / un individu très dépensier (appelé dans le langage familier « un panier percé »: personne dépensant sans compter et dont le compte en banque est constamment vide)

Son origine : le mythe des Danaïdes

Le mythe des Danaïdes tel que nous le connaissons est issu de la tétralogie d’Eschyle : Les Suppliantes, Les Égyptiens, Les Danaïdes et Amymoné.

Après la mort de Bélos, Égyptos, frère de Danaos et roi d’Arabie, s’empare de l’Égypte, à laquelle il donne son nom. Il presse son frère d’unir ses cinquante filles à ses fils (également au nombre de cinquante) afin d’éviter des guerres de succession. Mais un oracle révélant à Danaos que l’intention des fils de son frère est de tuer ses filles après les noces, il décide de s’enfuir avec elles et parvient jusqu’à Argos, où il devient roi avec l’appui d’Athéna. Les fils d’Égyptos se rendent néanmoins jusqu’à lui, sur ordre de leur père, et finissent sous la menace d’un siège par le faire revenir sur son refus de leur donner ses filles en mariage. Le soir des noces, craignant toujours que se réalise la prédiction de l’oracle, Danaos ordonne à ses filles de cacher dans leurs cheveux une grande épingle dont elles se serviraient pour percer le cœur de leurs maris dès qu’ils dormiraient. Toutes obéissent sauf une, Hypermnestre, qui sauve son époux Lyncée et l’aide à s’enfuir. Par la suite, celui-ci revient et se venge en tuant les coupables ainsi que Danaos. Lyncée et Hypermnestre règnent alors sur Argos.

Dans la tradition tardive, arrivées aux Enfers, les Danaïdes sont jugées et précipitées dans le Tartare, condamnées à remplir éternellement des jarres percées. C’est un châtiment éternel.

Les Danaïdes, John William Waterhouse, 1903

Son utilisation :

Cette expression apparue au XVIIIe siècle est proche des expressions « toile de Pénélope » (ouvrage commencé mais jamais terminé, un éternel recommencement) ou « rocher de Sisyphe » (action répétitive et interminable).

Elle possède également un second sens, celui de « panier percé », désignant une personne trop dépensière. À l’image des Danaïdes qui n’arrivent jamais à remplir leur tonneau percé, « un panier percé » est quelqu’un qui dépense sans compter tout ce qu’il gagne de telle sorte que son compte en banque est toujours vide ou à découvert.

« Notre cœur est semblable au tonneau des Danaïdes, que rien ne pouvait remplir (P. Leroux, Humanité,t. 1, 1840, p. 16). »

« Jamais l’ambition ne voit ses vœux remplis;
C’est le tonneau des Danaïdes. »

Antoine-Louis Le Brun



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