« Pleurer comme une Madeleine » : origine et signification

L’expression « pleurer comme une Madeleine » fait référence à « Madeleine » (s’écrivant avec un M majuscule et diminutif de Marie-Madeleine), personnage féminin de la Bible, et à certains évènements relatés dans Les Évangiles du Nouveau Testament.

Signification :

  • Pleurer sans s’arrêter / abondamment / à chaudes larmes;
  • Pleurer de façon excessive ou non justifiée.

Origine :

Marie La Magdaléenne (Magdala étant une ville de Galilée), ancienne prostituée ou victime habitée par le démon, est un personnage de la Bible (L’Évangile selon Saint Luc), appelée en latin Maria Magdalena (Marie-Madeleine).

Lors de la venue de Jésus à Magdala, elle se présenta à lui et se jeta à ses pieds pour confesser ses pêchés. Elle les arrosa de tellement de pleurs qu’elle lui lava les pieds, qu’elle sécha ensuite avec ses cheveux. Jésus lui accorda le pardon et Marie-Madeleine devint une de ses plus fidèles disciples, l’accompagnant dans ses derniers instants terrestres. Présente à la Passion, sous la Croix et lors de la mise au tombeau, elle fut la première à assister à la Résurrection du Christ. En découvrant le tombeau de Jésus ouvert et vide, elle se remit à pleurer toutes les larmes de son corps. En allant chercher les apôtres Pierre et Jean, le Christ ressuscité lui apparut et lui dit, la sommant de sécher ses larmes : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? ».

À chaque fois, les larmes versées, exprimant un chagrin sincère et intense, trouvèrent en retour l’amour de Jésus qui transforma les larmes de peine en larmes de joie en pardonnant les péchés et en montrant que la vie était plus forte que la mort.

L’expression :

La première expression attestée dès 1233, « faire la Madeleine », signifie « affecter le repentir » dans le sens de « feindre le repentir », en essayant d’émouvoir ses pairs ou ses juges. L’allusion à « Madeleine », voire « sainte Madeleine », dans des bouches profanes ou hypocrites, a conservé longtemps une connotation de péché de chair ou de prostitution. Le dictionnaire d’Antoine Furetière de 1690 associe « Madelonnette » à une femme de mauvaise vie.

Honoré de Balzac est à l’origine vers 1833 de l’expression « pleurer comme une Madeleine »:

« Il ne revint pas pour dîner, et rentra fort tard. Je vous le jure, je restai dans ma chambre à pleurer comme une Madeleine, au coin de mon feu. » Petites misères de la vie conjugales- La Comédie Humaine ».

En définitive, si l’expression « pleurer comme une Madeleine » conserve un sens premier de « pleurer abondamment, sans pouvoir s’arrêter » (crise de larmes), elle comporte aussi un sens péjoratif de « pleurs excessifs, non justifiés, voire feints et trompeurs » (sensiblerie voire tromperie).


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