la paix des braves

« La paix des braves » : origine et signification

Empreinte de respect mutuel, l’expression « la paix des braves« , qualifiant un accord de paix honorable suite à un conflit ancien entre deux belligérants, s’applique plus spécifiquement au règlement de conflits entre autochtones et colonisateurs.

Signification :

  • proposition ou accord de paix à des conditions honorables en considération de la bravoure des belligérants;
  • proposition d’accord ou accord conclu à la suite d’un long conflit et qui est basé sur des compromis de part et d’autre.

Origine :

L’expression « la paix des braves » est utilisée depuis des temps anciens pour marquer le respect entre deux belligérants qui, reconnaissant leur bravoure respective, font des compromis pour que les conditions de paix soient honorables pour chacun.

En 241 av. J.-C., lors de la guerre des mercenaires opposant les mercenaires de l’armée carthaginoise à l’armée punique commandée par Hamilcar Barca, ce dernier leur propose une paix des braves.

Par la suite, ce terme sera plus spécifiquement utilisé dans le cadre de proposition ou accord de paix concernant des conflits entre peuples autochtones et pays colonisateurs.

Ainsi, le 4 août 1701, le traité de la Grande Paix de Montréal est un traité de paix signé à Montréal par le Sieur de Callière, gouverneur de la Nouvelle-France, et 39 nations amérindiennes issues de l’Iroquoisie et de la région des Grands Lacs mettant fin aux guerres intermittentes du XVIIe siècle entre les Iroquois, les Français et leurs alliés autochtones.

Le 23 octobre 1958, le général de Gaulle propose la Paix des Braves au Front de libération nationale. Proclamant, que la plupart « des hommes de l’insurrection ont combattu courageusement », il appelle à cette paix, pensant que « les haines iront en s’effaçant ». Il argumente le déroulement de cette Paix des Braves ainsi : « ceux qui ont ouvert le feu le cessent et qu’ils retournent, sans humiliation, à leur famille et à leur travail ! ». Il indique la seule voie qui selon lui peut conduire l’Algérie: « Le destin de l’Algérie est en Algérie même, quand la voie démocratique est ouverte, quand les citoyens ont la possibilité d’exprimer leur volonté, il y en a pas d’autre qui soit valable.» Le FLN refusera cette « paix des braves ».

En Nouvelle-Calédonie, la notion de paix des braves entre kanaks et caldoches est aussi évoquée à différentes reprises.

Le 7 février 2002, le Québec et les Cris (peuple autochtone du Québec) concluent une entente politique et économique globale d’une durée de cinquante ans. Cette entente historique, surnommée la paix des braves, marque une nouvelle ère dans les relations entre le Québec et les Cris.


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