avoir pignon sur rue

« Avoir pignon sur rue » : origine et signification

L’expression « avoir pignon sur rue » , ayant à l’origine trait à la notoriété liée à la possession d’un bien immobilier ayant une façade à pignon sur rue réservée aux plus riches, s’est progressivement appliquée à une personne ou une entreprise reconnue; l’aspect immobilier et pécuniaire passant au second plan voire disparaissant.

Signification :

  • avoir une boutique, disposer d’un commerce reconnu, avoir un commerce répandu accessible à tout le monde;
  • avoir une maison à soi, posséder des biens immeubles importants;
  • avoir une situation confortable et connue;
  • avoir une certaine notoriété, être reconnu dans la rue.

Origine :

Issu du latin populaire pinnio (dérivé du latin classique pinna, « aile », « merlon, créneau »), le terme pignon apparaît au XIIe siècle, avec le sens de « sommet (d’une montagne) », puis s’applique à la partie supérieure triangulaire ou non du mur d’un bâtiment servant à donner des versants à un toit. Le pignon peut se terminer légèrement au-dessus du toit, qu’il soit en façade, ou à l’intérieur de la bâtisse. Non couvert, il peut être à redents; le sommet du mur formant des marches. Il peut aussi être couvert par le toit débordant.

En France, entre le XVe et le XVIIe siècle, les maisons en ville construites en bois et en torchis de bâtir comportaient une façade étroite avec un pignon supportant l’extrémité de la poutre principale de la charpente. Le pignon de toutes les maisons faisait face à la rue. Les plus pauvres donnaient sur de petites ruelles et celles donnant sur de larges rues ou de grandes places appartenaient aux gens aisés. Partie visible de la maison, la façade à pignon était souvent décorée par son propriétaire pour afficher son aisance.

Suite à l’incendie qui détruisit Londres en septembre 1666, le feu s’étant propagé en passant par les charpentes des maisons accolées les unes aux autres, il fut prescrit de ne plus mettre les pignons sur rue. Par ordonnance du bureau des finances du 18 août 1667, les pignons sur rue furent prohibés à Paris et le plâtrage des pans de bois apparents sur rue « tant en dedans qu’en dehors» devint obligatoire.

L’expression :

À l’origine, l’expression « avoir pignon sur rue » signifiait simplement « avoir un toit au-dessus de sa tête, avoir une maison ».

Au XVe siècle, elle correspondait à posséder un commerce ou une maison en ville avec façade à pignon sur rue dénotant l’aisance de son propriétaire. En effet, seuls les plus aisés possédaient des maisons (ou des commerces) dont le pignon donnait sur les grandes rues ou les grand-places.

Au XVIe siècle, elle désigna de riches commerçants ou de riches propriétaires dont le bâtiment ou la maison était bien située et procurait renommée.

Suite à la disparition des pignons de façades de maison sur rue, l’expression est demeurée s’appliquant à une personne ou une entreprise à la forte notoriété, apparaissant solvable et honnête.

Enfin, la locution a perdu son aspect pécuniaire pour évoquer quelqu’un bénéficiant d’une jolie notoriété dans son domaine.

Citation :

“La langue française appartient à tous ceux qui s’y intéressent.”

Charles Aznavour

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