Le « plafond de verre » : origine et signification

Dans les années 1970 aux États-Unis, en plein mouvement de libération des femmes, est évoqué de façon imagée un « plafond de verre » empêchant les femmes d’accéder aux postes à haute responsabilité des organisations. À présent, cette notion s’applique de façon plus large aux individu(e)s ou aux catégories sociales, professionnelles, d’âge, de sexe, de race ou de genre, discriminées par des barrières généralement invisibles.

Définition :

La métaphore « plafond de verre » désigne une limite théorique et invisible qui empêche l’ascension de certaines catégories de personnes, en particulier les femmes, dans la hiérarchie d’organisations de toute nature. Elle part du constat que des freins invisibles empêchent les femmes de progresser comme les hommes ou les arrêtent à un certain niveau hiérarchique.

Elle sous-entend l’existence d’une forme implicite et cachée de discrimination sexiste, raciale, liée à la classe sociale, aux diplômes d’origine, aux handicaps, etc.

Origine :

Notion déjà présente dans le film Le Mur invisible (Gentleman’s agreement) (1947) d’Elia Kazan, la notion de « plafond de verre » a été élaborée dans les années 1970 aux États-Unis et s’est imposée dans la sociologie du travail et les sciences de gestion, désignant la ségrégation verticale dont sont victimes les femmes dans leur parcours professionnel.

En 1987, les universitaires américains Ann Morrison, Tendall White, Ellen Velsor ont publié l’ouvrage « Casser le plafond de verre » (Breaking the glass celling) évoquant le sujet de l’accession des femmes au sommet des plus grosses entreprises américaines. Le concept de « plafond de verre » a été popularisé en France par la sociologue Jacqueline Laufer appelant à des politiques plus volontaristes pour permettre aux femmes d’accéder aux postes de pouvoir.

Signification et extension :

Force est de constater que plus on s’élève dans la hiérarchie moins les femmes sont nombreuses, leur représentation dans les postes de décision ou de responsabilité étant minoritaire.

La notion de « plafond de verre » renvoie symboliquement d’une part à un plafond de verre intériorisé par les femmes résultant d’une socialisation différenciée (fonctions stratégiques et décisionnelles associées au genre masculin et fonctions d’assistance au genre féminin). D’autr part, il est le produit de discriminations sociales, sexistes ou raciales, à l’œuvre parfois de façon intersectionnelle, empêchant les femmes de progresser au sommet des organisations de pouvoir.

Bien qu’initialement utilisée pour souligner la difficulté d’accès des femmes à des postes supérieurs, cette notion est à présent employée pour de façon plus large. Elle désigne tout cas où un individu, ou une catégorie, est confronté à un réseau de pouvoir tacite, implicite, voire occulte, l’écartant d’un niveau de pouvoir ou de rémunération ou hiérarchique auquel il pourrait prétendre.

Ce plafond de verre constitue une barrière d’autant plus forte qu’elle n’est ni visible, ni clairement identifiée. Préjudiciable au premier chef aux personnes et aux catégories qui en sont victimes, il entraîne pour la société un véritable gâchis de compétences et de talents, maintenant une élite oligarchique déconnectée du réel et de moins en moins créatrice de valeur.


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